Restez vigilants face aux dérives sectaires en cancérologie

Restez vigilants face aux dérives sectaires en cancérologie
Outre les risques classiques d'emprise, les dérives sectaires exposent en cancérologie à des dangers spécifiques : retards de diagnostic, perte de chances de guérison et mise en jeu de la survie.

Le rapport d'activité 2022-2024 de la Miviludes (Mission Interministérielle de VIgilance et de LUtte contre les DÉrives Sectaires), publié en avril 20251, alerte sur l'augmentation des signalements de dérives sectaires dans le domaine de la santé et du bien-être… y compris au sein même des établissements de santé. 

Ces dérives ciblent particulièrement les patients atteints de cancer à travers des Pratiques de Soins Non Conventionnelles (PSNC), c'est-à-dire des activités dont le bénéfice pour le patient n'a pas été prouvé ni validé scientifiquement (sophrologie, réflexologie, naturopathie, aromathérapie, le jeûne …). 
 
Les dérives sectaires ne se limitent pas aux mouvements qui se réclament de cultes ou de religions, mais incluent également les intervenants auto-revendiqués thérapeutes qui prônent des techniques miraculeuses. Ainsi, si l'on pense aux risques habituels de rupture avec l'entourage, d'extorsion financière ou encore de troubles psychologiques causés par une relation d'emprise, s'ajoutent en cancérologie des risques de retards de diagnostics, de pertes de chances de guérison voire de survie.

On constate une augmentation de l'utilisation de ces pratiques de soins non conventionnelles comme traitement ou remède exclusif contre le cancer, dénonçant les traitements médicaux comme inutiles et nocifs. Ces pratiques utilisées en tant qu'alternative (à la place) aux traitements anticancéreux conventionnels (ex : chimiothérapie, radiothérapie ….) présentent ainsi un danger pour le patient, sans compter la potentielle dangerosité intrinsèque de certaines PSNC : Naturel ne veut pas dire sans risque.

L'image positive des PSNC constitue un facteur de développement des dérives en santé. Selon un récent sondage2, 70% des français ont une bonne image des thérapies alternatives, et 57% d'entre eux estiment qu'elles sont « au moins aussi efficaces » que la médecine classique. 16 % des Français auraient déjà renoncé à un traitement médical au profit d'une thérapie alternative, 24 % chez les 25-34 ans.

Si certains de ces accompagnements peuvent aider le patient à mieux supporter les traitements et la maladie en complément d'un suivi médical traditionnel ; ILS NE DOIVENT JAMAIS SE SUBSTITUER AUX TRAITEMENTS MEDICAUX. 

Quelques signes qui doivent alerter :
  • Un intervenant ne doit jamais vous suggérer ou conseiller d'abandonner ou alléger les traitements proposés par votre équipe d'oncologie, les dénonçant comme inutiles ou nocifs. Cette « prescription » a aussi pour effet de vous isoler de vos professionnels de santé habituels.
  • Attention aux intervenants qui vous incitent progressivement à vous couper de votre famille, de votre médecin, de votre entourage, pour favoriser votre guérison.
  • Méfiance si un intervenant vous propose des séances gratuites pour essayer telle ou telle méthode.
  • Les termes « thérapie », « praticien », « médecine », « docteur », ne font actuellement pas l'objet d'une définition juridiquement protégée et peuvent être utilisés librement. L'utilisation de ces terminologies ne prouve pas que l'intervenant dispose d'un diplôme de professionnel de santé.
  • Il n'existe pas de de diplômes nationaux pour les pratiques complémentaires (sauf la capacité pour l'acupuncture). Ainsi, les mentions « titulaire d'un DU ou DIU » (Diplôme Universitaire) ne signifient pas que les effets bénéfiques de la pratique proposée sont prouvés scientifiquement. Vigilance également sur les diplômes d'organismes privés pour lesquels aucun contrôle du contenu n'est effectué par les institutions publiques et aucune reconnaissance des diplômes n'est délivrée par l'Etat .
  • Les plaques professionnelles apposées sur la façade peuvent être identiques à celles des professionnels de santé. 
  • Des intervenants peuvent être installés au sein de maisons de santé ou de maisons médicales.
     

[1] Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, Rapport d'activité 2022-2024, avril 2025. Accessible en ligne : https://www.miviludes.interieur.gouv.fr/nos-ressources/nos-publications/rapports-dactivite-de-miviludes

[2] UNADFI (Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu victimes de sectes), Sondage Odoxa : Les Français et les thérapies alternatives, mai 2023. Accessible en ligne : https://www.odoxa.fr/sondage/les-francais-et-les-therapies-alternatives/
Publié le 21 avril 2021 - Mis à jour le 07 janvier 2026
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